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  • Huang Youyi : La société ne reconnaît pas la traduction à sa juste valeur
    2017-03-15    source:French.china.org.cn    author:

    Huang Youyi, membre du Comité national de la CCPPC et vice-président exécutif de l'Association des traducteurs de Chine a répondu le 7 mars aux questions de China.org.cn. Sa proposition à la session de cette année vise à l'annonce simultanée en langues étrangères de documents historiques et culturels importants par le gouvernement et le PCC. Selon lui, le pays manque de talents de la traduction du chinois vers les langues étrangères, une pénurie qui s'explique en partie par la rémunération trop basse des traducteurs.

    « L'annonce simultanée des grands documents de l'Etat en langues étrangères est vraiment nécessaire. Certains documents font l'objet d'une traduction simultanée en anglais, mais ce n'est pas le cas pour la plupart », déplore-t-il. Par exemple, en mai dernier, je suis allé en France avec une délégation de la CCPPC, et à peine assis, nos hôtes français souhaitaient consulter des documents en français sur le 13e plan quinquennal, mais cela n'avait pas été traduit. Je leur ai demandé pourquoi ils voulaient lire ce document très long qui parle du développement intérieur du pays. Ils m'ont répondu : « Plus c'est long et détaillé, mieux c'est, notre Assemblée nationale discute en ce moment de la nouvelle politique industrielle de la France, nous voulons voir sur quels aspects nous pouvons établir des liens avec la Chine. »

    Il a admis qu'il ne s'attendait pas à ce que des étrangers prêtent une telle attention à la Chine, « mais cela est en effet nécessaire. Cela s'explique par le fait que le développement économique de la Chine en a fait la deuxième plus grande économie du monde, donc le développement chinois est aujourd'hui étroitement lié au développement français. »

    La traduction simultanée des documents est un besoin pratique, mais qui devrait s'en charger ?

    « Je pense qu'il faudra faire appel à des Chinois et à des étrangers. Les traducteurs chinois comprennent les textes de manière précise sans problème, mais le rendu en langue étrangère doit être authentique, sinon cela pose des difficultés de compréhension », observe M. Huang. Selon lui, c'est seulement en associant le travail de traducteurs chinois et étrangers que le niveau d'excellence requis sera atteint.

    Il a souligné que pour permettre une annonce multilingue simultanée, la traduction doit intervenir en avance. « Au moment de la publication en chinois, il est trop tard pour organiser une équipe de traducteurs, le temps nécessaire doit être pris en compte. Il faut s'organiser avant la publication de la version en chinois des documents. J'espère que nos dirigeants prendront cela en compte pour organiser une équipe de réaction rapide. Cela peut répondre aux besoins des étrangers, et cela reflète notre confiance dans notre apport culturel. Après tout, il s'agit de faire entendre la voix de la Chine sur la scène internationale. »

    Cependant, il est conscient de la pénurie de traducteurs. « Nous avons trop peu de traducteurs étrangers qui viennent nous aider dans ces travaux. La traduction du chinois en langue étrangère touche à de nombreux domaines : la politique, l'économie, les sciences et technologies, la culture classique et contemporaine… Le volume de textes à traduire est très important. Pendant longtemps, peu d'étrangers apprenaient le chinois. Certains experts étrangers se concentrent uniquement sur la traduction littéraire, et la plupart des traducteurs chinois travaillent vers l'anglais. A Beijing, nous avons désormais de jeunes étrangers qui viennent apprendre le chinois, qui commencent à travailler dans la traduction, mais ils sont très occupés. Il ne suffit pas de faire appel à des traducteurs étrangers. Il faut une combinaison de traducteurs chinois et étrangers, à la fois pour assurer l'exactitude du contenu, mais aussi pour assurer la qualité du texte en langue étrangère. Evidemment, pour les Chinois aussi, il faut une sélection pertinente, ce n'est pas un travail que tout le monde est capable de faire. »

    Actuellement, l'économie chinoise s'internationalise, ce qui apporte de nouveaux besoins de traduction. « Par exemple, les entreprises qui investissent à l'étranger doivent pouvoir présenter leurs produits à l'étranger grâce à la traduction. Si elles veulent vendre leurs équipements et leurs technologies, elles doivent pouvoir les présenter en langues étrangères. Pour gérer leurs filiales étrangères sur place, les entreprises chinoises doivent aussi pouvoir traduire leur système de gestion », note-t-il.

    Huang Youyi a souligné que le manque de traducteurs ne concerne pas l'anglais, mais aussi et surtout les langues minoritaires. Le besoin est grand dans les langues des pays situés le long des Nouvelles Routes de la soie. « Quand je suis allé au Xinjiang, les autorités m'ont demandé si nous pouvions assurer des traductions en arabe et en turc, pour faciliter les contacts, car les échanges sont fréquents dans un vaste éventail de domaines. J'ai répondu que nous n'étions pas en mesure de le faire, car les quelques traducteurs d'arabe et de turc que nous avons à Beijing sont déjà extrêmement occupés. J'ai participé au projet de Bibliothèque des textes classiques chinois qui consiste à traduire des classiques en arabe, et je ne réussissais pas à trouver de traducteur. »

    « Avec l'internationalisation de l'économie, la culture s'exporte aussi, ce qui entraîne une augmentation de la charge de travail des traducteurs. Nous voulons continuer à développer nos équipes de traduction. Heureusement, de plus en plus d'étrangers apprennent le chinois, et de plus en plus de Chinois apprennent la traduction », explique-t-il.

    De plus, l'intelligence artificielle et la traduction informatique se développent rapidement, cela pourrait répondre à une partie de la demande, ou même remplacer la traduction manuelle dans certains domaines. Huang Youyi explique qu'il s'intéresse de près à ce développement, mais que « cela nécessite une combinaison de l'intelligence artificielle et des capacités linguistiques avec l'aide des grandes données. Plus il y aura de données, plus la traduction automatique sera rapide dans son développement. Pour l'instant, les données sont insuffisantes, la machine n'est absolument pas en mesure de tout faire seule, l'intervention humaine est indispensable. Il est possible pour la machine d'effectuer une ébauche, qui doit être corrigée par l'humain. Ceci est de plus en plus fréquent. Si la machine peut un jour remplacer l'humain, ce n'est pas pour tout de suite, et c'est cantonné à des cas bien précis. Dans le domaine des sciences humaines, ou en ce qui concerne les nouveaux concepts de notre pays, les nouvelles idées, les nouvelles formulations, il n'y a aucune base de données, la machine ne peut pas le faire, seuls les humains en sont capables. »

    Pour promouvoir l'industrie de la traduction et encourager plus de gens à y faire carrière, nous devons améliorer la rémunération et les avantages sociaux. « Il est important pour un jeune qui commence sa carrière de voir que son métier lui apportera un niveau de vie suffisant. Chacun veut subvenir aux besoins de sa famille, pour s'acheter une voiture et envoyer ses enfants à l'école. Nous avons actuellement peu de traducteurs de carrière pour cette raison. Nous avons des traducteurs qui le font par passion pendant leur temps libre, mais nous avons maintenant besoin de traducteurs professionnels à temps plein », souligne-t-il.

    Selon lui, « la société ne reconnaît pas la traduction à sa juste valeur. La traduction est une nouvelle création, c'est un travail très intelligent qui ne peut pas être accompli par n'importe qui. Une prise de conscience sur la pleine valeur de la traduction est en cours, mais cela n'est pas encore suffisant. »