Le 22 décembre est le solstice d'hiver. Depuis l'époque des Printemps et Automnes (770-476 avant J.-C.), il marque la première établie des 24 dates importantes du calendrier traditionnel chinois.
La Chine antique était une société agricole. Les agriculteurs doivent bien connaître le fonctionnement du Soleil, et les Chinois créèrent vingt-quatre dates distinctes qui reflètent les changements des cycles solaires. Le jour du solstice d'hiver, les rayons tombent verticalement sur le tropique du Capricorne, et la journée est la plus courte de l'année dans l'hémisphère nord. C'est le début du froid hivernal.
Certaines traditions demeurent aujourd'hui pour fêter le solstice d'hiver. En matière de nourriture, il y a des différences entre le nord et le sud de la Chine. Au solstice d'hiver, les raviolis (jiaozi en chinois) sont le repas principal dans le nord, contre les boulettes de riz gluant farcies dans le sud.
Dans plusieurs provinces septentrionales, les familles ont donc préparé des jiaozi hier. Selon des historiens, la coutume remonte à la dynastie Han, peut-être en commémoration de Zhang Zhongjing (150-219), surnommé le Sage de la médecine, qui a vécu durant la dynastie Han de l'Est (25-220).
Il est l'auteur d'un traité sur les maladies fébriles. De retour dans sa région natale à l'occasion d'un hiver très rigoureux, il découvrit que de nombreux villageois avaient les oreilles gelées. Pour soigner leurs engelures, il prépara le jour du solstice une soupe en forme « d'oreilles exquises » dissipant le froid. Le bouillon contenait des médicaments traditionnels, et les « oreilles délicates » étaient faites de farine et de viande. Le corps entier des convives se réchauffa sous l'effet de la soupe, et leurs oreilles gelées guérirent rapidement. Par la suite, ces raviolis en forme d'oreilles que l'on déguste toujours aujourd'hui ont été baptisés « jiaozi ».
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