China Xinjiang

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  • Les Tuwa dans les montagnes du Xinjiang
    2014-02-08    source:La Chine au présent    author:

    Dielike (au centre) joue de la musique traditionnelle pour les visiteurs. 


    J'ai fait un voyage avec ma famille au Xinjiang en août. Nous avons visité plusieurs sites, notamment le Lac céleste. Ce qui m'a le plus impressionnée sur le site du lac Kanas, a été la visite chez une famille tuwa dans le village.

    Le site de Kanas se situe dans le district de Burqin, dans la zone Altay du Xinjiang. Dans le bus vers Kanas, nous avons pu connaître grâce au guide la vie actuelle des Tuwa, une ancienne branche de l'ethnie mongole. Ils ressemblent beaucoup aux Mongols en ce qui concerne l'apparence, les tenues et les coutumes. Ces deux peuples sont lamaïstes et gardent également des us et coutumes du chamanisme. On compte actuellement en Chine plus de 2 000 Tuwa qui se répartissent dans les villages de Kanas et de Baihaba, ainsi que dans le canton d'Hemu, au Xinjiang. Ils sont les plus nombreux dans le village de Kanas.

    Les Tuwa offrent chaque année des sacrifices à la montagne, au ciel, au lac, aux arbres, au feu et à l'aobao (amas de pierres). Sans écriture, ils ont leur propre langue, différente de la langue mongole.

    Les Tuwa ont vécu isolés dans les montagnes profondes, dépendant du nomadisme et de la chasse en héritant du mode de vie traditionnel. Avec le développement touristique du site de Kanas ces dernières années, de plus en plus de touristes sont venus au village des Tuwa. Ils ont commencé à connaître ces gens, leur histoire et leur culture grâce à des « visites chez l'habitant » : ils sont courageux, intrépides, et excellent dans l'équitation, le ski, l'art du chant et de la danse ; leurs aliments sont principalement des produits laitiers, du bœuf, du mouton et du blé ; les boissons les plus populaires sont le thé au lait et l'alcool de lait.

    À l'arrivée au village de Kanas, des maisons en bois sautent aux yeux. À leurs côtés, sont dressées des pancartes « visite disponible chez les Dewa ». Après une question posée au guide, j'ai compris que les Tuwa sont aussi appelés « Dewa ».

    Nous sommes arrivés devant la maison d'une famille tuwa et son propriétaire, un beau jeune homme appelé Dielike, qui venait juste de dire adieu à des visiteurs. Pendant la haute saison touristique, il reçoit parfois une centaine de visiteurs par jour.

    Dès l'entrée dans cette maison en bois, nous avons senti une odeur rance, mais j'ai été impressionnée par la décoration typiquement ethnique de la maison : des vêtements, des chapeaux, des peaux d'animaux, des ustensiles accrochés aux murs, de petites tables posées sur le tapis aux couleurs éclatantes, un grand portrait de Genghis Khan accroché au mur en face de la porte. Chez toutes les familles locales, on accroche des portraits de Genghis Khan afin d'honorer ce guerrier, héros du peuple mongol.

    Les murs sont couverts d'une variété de vêtements et de chapeaux folkloriques, de peaux de bêtes et d'un portrait de Gengis Khan.
     

    « C'est la meilleure saison mais c'est aussi la saison où il y a le plus de visiteurs. Bienvenue chez nous », nous a dit Dielike. Nous nous sommes assis aux petites tables dans la maison, goûtant des spécialités locales qu'il avait cuisinées lui-même.

    Selon les habitudes des Tuwa, on souhaite la bienvenue aux visiteurs avec de l'alcool de lait. Avant de le goûter, Dielike nous a d'abord expliqué la fabrication de cet alcool : « On utilise un morceau de bois de peuplier creusé pour fabriquer de l'alcool de lait. On dépose un petit pot en haut et un grand en bas. On met du lait fermenté dans le grand pot et on le cuit. La vapeur arrive dans le petit pot par le morceau de bois. Grâce à l'alternance du chaud et du froid, le liquide distillé est obtenu et il coule par le tuyau en bois dans un petit tonneau. C'est de l'alcool de lait. » D'après lui, quand on en boit trop, on a les jambes qui tremblent mais on garde l'esprit lucide. Les autochtones en boivent en général deux ou trois livres (1 livre = 0,5 litre), voire même quatre à cinq livres.

    Après avoir bu, Dielike a pris un instrument de musique ressemblant à une flute, laissant les personnes présentes le regarder en jouer. C'était un instrument léger, d'une trentaine de centimètres, avec trois trous. Ceux qui l'ont essayé n'ont pas réussi à en jouer. Dielike a expliqué que cet instrument propre aux Tuwa, appelé su'er, était confectionné avec une paille de roseau local. La confection est facile mais il est difficile d'en jouer car il faut utiliser l'air dans le dantian (hypogastre) à l'aide des vibrations des dents et des lèvres. Ensuite, il a invité un autre jeune homme appelé Amurdala à en jouer pour nous.

    Comme Dielike nous l'a expliqué, la technique a été transmise de personne à personne car il n'y a ni partitions, ni établissement destiné à la formation. Il a monté un groupe de représentation appelé Marmottes, dans le but de faire connaitre cet instrument de leur ethnie. Amurdala, membre des Marmottes, a 19 ans. Il étudie les musiques nationales dans un conservatoire de musique. Il est également un des meilleurs chanteurs de xoomei de Kanas.

    Le xoomei est un chant mongol, produit grâce au resserrement de la gorge. Amurdala a commencé à apprendre le xoomei à l'âge de 13 ans. D'après lui, la plupart des jeunes ne s'intéressent pas à cette culture. Mais il espère que plus de personnes, notamment les jeunes, apprendront le xoomei afin de mieux le protéger et le transmettre. Il veut l'étudier et le transmettre, c'est la raison pour laquelle il a choisi les musiques nationales au conservatoire.

    Écouter cette musique c'était comme de se trouver dans la nature, les yeux fermés, à entendre le vent souffler et écouter l'eau couler. C'était magique. On était plongé dans la mélodie quand il a arrêté de jouer. Après un silence, les applaudissements ont animé la salle.

    Ensuite, quelques jeunes hommes nous ont chanté des chansons ethniques. Tous les visiteurs chantaient en cœur. Au refrain, l'assistance ne pouvait pas s'empêcher de taper des mains en rythme. On était debout ou assis, on chantait ou dansait. Les chants et les applaudissements résonnaient vers la prairie, à l'extérieur de la maison. Enfin, Dielike et ses amis nous ont invités à danser. Tout le monde était joyeux et oubliait la fatigue de la route.

    Dielike nous a expliqué que, de juin à octobre, c'est la haute saison touristique à Kanas et également celle de la visite chez les Tuwa. En basse saison, il va avec ses amis à l'extérieur pour des représentations afin de faire connaître à plus de gens le su'er et le xoomei.

    Après notre départ, Dielike et ses amis recevront d'autres visiteurs. Après avoir pris des photos avec eux, nous espérons revenir visiter les Tuwa.