China Xinjiang

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  • Musée de la Région autonome ouïghour du Xinjiang
    2013-02-18    source:voyageschine.com    author:

    Si la perspective d’en apprendre un peu plus sur le Xinjiang et son histoire vous tente, ne manquez pas la visite du musée de la Région autonome ouïgoure du Xinjiang, l’un des trois grands musées historiques d’Urumqi. La ville est également dotée d’un musée géologique et paléontologique. Le musée du Xinjiang est fameux pour ses momies de type caucasien, vieilles de 1 500 à 4 000 ans, et pour ses objets issus de la même civilisation. On y trouve en outre une collection d’articles en soie et d’autres pièces rares datant d’époques différentes, des documents écrits en différentes langues et des informations sur les coutumes des différents groupes ethniques vivant dans la région. Mais les pièces-maîtresses du musées, celles que tout le monde vient d’abord contempler, ce sont les momies et les objets trouvés avec elles. Elles sont étonnamment bien conservées. Il y a encore 20 ans, la civilisation à laquelle elles appartenaient était à peine connue des historiens et des archéologues, et de nombreuses zones d’ombres demeurent quant à leur histoire et à leur origine.

    Ces momies retrouvées dans les nombreuses tombes caucasiennes découvertes dans la région sont donc auréolées de mystère. On sait peu de choses sur le peuple auquel elles appartenaient. Les spécialistes ne peuvent même pas dire avec certitude si elles appartenaient toutes à un même peuple ou non. Ces corps et les objets trouvés à leurs côtés datent pour les plus anciens de l’âge de Bronze (il y a 4 000 ans de cela) et, pour les plus récents, de l’époque de la route de la Soie (il y a 1 500 ans). Il se peut que certaines de ces momies soient tout simplement les corps de voyageurs ou de commerçants de passage dans la région. Toutefois, il est désormais clair qu’un peuple de type caucasien était établi ici il y a 3 à 4 000 ans, soit un millénaire environ avant l’arrivée des peuples de type mongoloïde, ce qui tend à montrer que les premiers habitants de la région furent des Caucasiens. Les plus anciens d’entre eux partageaient d’ailleurs des traits culturels avec leurs contemporains européens. Les Caucasiens qui vécurent ici à l’époque de la route de la Soie, entre l’an 1 et l’an 1 000 environ, écrivaient dans une langue indo-européenne appelée le Tokharien. Des textes et des inscriptions, ainsi que des peintures réalisées par ces Caucasiens ont été retrouvés.

    Les trois ou quatre momies exposées dans ce musée, ainsi que les objets qui leur sont associés, représentent la découverte la plus importante que les archéologues aient faite au cours du siècle passé. Elles jettent un nouvel éclairage sur l’histoire ancienne de l’Eurasie. Il y a encore 20 ans, les historiens pensaient que les Caucasiens n’avaient toujours vécu qu’en Europe. Des tests ADN réalisés sur certaines des momies ont montré qu’elles présentaient des points communs avec les peuples scandinaves. De plus, les vêtements en laine dont elles étaient habillées ont été jugés similaires à ceux que l’on portait à leur époque en Europe. Les spécialistes qui ont étudié ces dernières années ces vêtements et d’autres objets liés aux momies ont par ailleurs constaté que les techniques ayant présidé à leur production étaient beaucoup plus avancées que celles utilisées en Asie à cette époque à leur connaissance. Parmi ces momies, certaines ont des cheveux blonds, d’autres roux, d’autres encore châtains. Si les momies aux cheveux blonds évoquent irrésistiblement les Scandinaves, certains spécialistes pensent que celles qui ont des cheveux roux sont plutôt d’origine celte. Tous ces éléments démontrent en tout cas que l’Asie centrale et l’Europe étaient culturellement très proches à cette époque.

    Il est possible que ce soit ce peuple de type caucasien qui ait approvisionné en jade les Chinois de la dynastie des Shang (1766 – 1122 av. J.-C.). En effet, le jade trouvé dans les tombes datant de cette dynastie était réputé venir d’une région située à la frontière du Xinjiang et du Tibet. On sait que le jade était considéré comme extrêmement précieux par les Chinois, plus que l’or et que les pierres précieuses et que, de leur côté, les Européens et d’autres peuples ne tenaient pas cette gemme en si haute estime. Il se peut bien qu’il ait existé autrefois, avant la route de la Soie, une route du Jade. En fin de compte, les historiens n’ont rassemblé que peu d’informations au sujet de cette civilisation caucasienne d’Asie centrale à l’âge du Bronze. Le gouvernement chinois s’est montré réticent quand il s’est agit de rendre public les découvertes archéologiques la concernant ou le résultat des tests ADN menés sur les momies. On raconte que nombreuses sont les tombes découvertes à n’avoir toujours pas été inspectées, et que ces sites, de même que les vestiges de cités très anciennes que l’on pouvait encore visiter dans les années 1990, sont désormais fermés au public.

    On connaît plus de choses à propos des Caucasiens qui vécurent plus tardivement dans le Xinjiang, et que l’on nomme souvent les Tokhariens. On sait notamment qu’ils vivaient le long de la route de la Soie et qu’ils ont joué un rôle important dans la diffusion du bouddhisme en Chine, notamment en édifiant des temples bouddhistes à Turpan et dans d’autres villes-étapes de la route de la Soie. D’après les documents écrits qu’ils ont laissés derrière eux, deux langues indo-européennes assez similaires étaient parlées dans la région à leur époque.

    Les momies que l’on a retrouvées étaient très richement vêtues. Leurs vêtements sont plus colorés et paraissent même plus confortables que ceux que l’on porte de nos jours. Vous verrez peut-être au cours de votre visite une momie appelée l’Homme de Yingpan. Cet homme dont la mort remonte au Ve ou VIe siècle (époque à laquelle la route de la Soie n’avait pas encore été abandonnée) mesurait 1,80 m et avait des cheveux châtains. Sa tenue – la mieux préservée et la plus luxueuse de toutes celles que l’on ait retrouvées dans le monde datant de la même époque – indique selon toute vraisemblance qu’il s’agissait d’un homme riche. D’après les spécialistes, sa tunique proviendrait de l’Empire romain d’Orient. De manière générale, les vêtements trouvés sur les momies de type caucasien de diverses époques découvertes dans la région sont remarquables aussi bien d’un point de vue esthétique que du point de vue de leur confection, d’excellente qualité, tandis que les objets retrouvés dans les tombes sont ornés de motifs raffinés. Il se peut que ces personnes aient été inhumées dans leurs plus beaux habits et que les objets qu’ils préféraient aient été enterrés avec eux. Parmi les objets exposés, plusieurs sont en or, et le masque funéraire de l’Homme de Yingpan est recouvert d’une feuille d’or.

    Particularités
    1. Ce musée est fameux pour les momies de type caucasien découvertes récemment et pour les objets datant de la même époque reculée qui y sont exposés, et qui attirent les foules lorsqu’elles sont présentées dans d’autres musées ailleurs dans le monde.
    2. D’autres expositions présentent des soieries, des documents écrits en différentes langues datant de différentes époques et d’autres pièces rares encore, issues d’époques et de civilisations différentes.
    3. On peut également y observer des spécimens de nourriture séchée datant de la dynastie des Tang et qui ont donc près de 1 200 ans ! Il est interdit de goûter, mais vous pourrez vous faire une idée de ce que l’on mangeait à l’époque. Décidément, le sous-sol du Xinjiang a d’étonnantes vertus de conservation !

    Histoire
    Le musée de la Région autonome ouïgoure du Xinjiang occupe un bâtiment construit dans le parc du Peuple en 1953, auquel fut ajouté, en 1962, un nouveau bâtiment de style stalino-soviétique, doté d’un dôme le faisant un peu ressembler à une mosquée. À l’origine, les collections du musée étaient surtout connues pour leurs pièces évoquant l’histoire de la route de la Soie, notamment des articles de soie, provenant de divers secteurs et datant d’époques diverses. Jusqu’à ce qu’en 1988, Victor Mair, aujourd’hui professeur de langue et de littérature chinoise à l’université de Pennsylvanie, coordonne une visite guidée du musée pour des membres de la Smithsonian Institution, une institution de recherche scientifique et historique américaine. Au cours de la visite, il découvrit une salle emplie de momies qu’il n’avait jamais vues auparavant.

    Il décrit ainsi ce moment : « J’avais déjà visité à plusieurs reprises le musée de la Région autonome ouïgoure du Xinjiang, dans l’ouest de la Chine. Mais cette fois-ci, ils avaient ouvert une nouvelle salle d’exposition. Des rideaux en masquaient l’entrée. À l’intérieur, il faisait très sombre. Quand j’entrai, suivi de mon groupe, je découvris une pièce emplie de momies qui n’avaient jamais été là auparavant. Je fus stupéfait, car je ne m’attendais pas à les trouver ici, mais aussi parce que ces momies étaient de type caucasien, européen. Elles portaient en outre de magnifiques vêtements et chapeaux, tandis qu’à leurs côtés étaient exposés toutes sortes d’objets et d’outils qui me firent penser qu’elles étaient beaucoup moins anciennes que ce qui était indiqué. Des panneaux expliquaient en effet que ces momies dataient de l’âge du Bronze, et qu’elles étaient donc vieilles de 3 à 4 000 ans. Et je me dis : « c’est impossible ! Elles sont trop bien préservées pour cela et leurs outils sont bien trop élaborés. ». Victor Mair confie aussi qu’il crut d’abord qu’il s’agissait de fausses momies, de mannequins en cire ou d’autre chose du même genre. ».

    C’est ainsi que commença une fascinante aventure archéologique. On savait depuis longtemps, au moins depuis le XIXe siècle, que des momies d’apparence européenne avaient été trouvées dans la région. Des explorateurs et des archéologues les avaient même prises en photo. Mais Victor Mair parvint, non sans difficulté, à étudier certains de ces corps et des objets trouvés dans les tombes, notamment en obtenant quelques échantillons qu’il put soumettre à des tests ADN, tests qui montrèrent que ces momies étaient génétiquement liées aux peuples scandinaves. Certaines personnes avancèrent l’hypothèse selon laquelle le fait que les cheveux des momies étaient de couleur claire et que leur peau était blanche pouvait être dû à un processus chimique de décoloration au moment de la momification des corps. Mais cela est impossible car si un tel processus de décoloration avait eu lieu, il aurait également affecté la couleur des vêtements et des objets retrouvés dans les tombes, ce qui n’est pas le cas : les vêtements, notamment, ont conservé des couleurs bien vives. Les motifs dont ils sont ornés sont encore bien distincts. Le niveau technologique du peuple auquel appartenaient les momies était plus avancé qu’on l’estimait possible jusque là concernant les peuples d’Asie centrale et orientale de cette époque, ce qui constitue un vrai mystère.

    Même la taille de ces Caucasiens d’Asie centrale paraît mystérieuse. L’homme de Yingpan, qui vécut aux environs du Ve siècle, mesurait 1,80 mètre. Une grande taille, inhabituelle dans la mesure où l’on estime que les gens étaient plutôt petits à cette époque. D’autres momies, telles que celle de l’homme de Cherchen, plus ancienne, sont également inhabituellement grandes. Pourquoi ces hommes étaient-ils si grands ? Se nourrissaient-ils particulièrement bien ? Un document chinois ancien mentionne des « géants » qui vivaient dans la région de l’actuel Xinjiang.

    Une autre momie, datée de l’an 1 200 av. J.-C. environ, porte des vêtements que les experts de l’âge du Bronze disent similaires à ceux que l’on portait en Europe de l’Ouest à peu près à la même époque. Le tissu est semblable aux étoffes celtes de cette époque. Ces vêtements sont même en tous points semblables à ceux retrouvés sur les corps de mineurs de sel retrouvés en Autriche et datant du treizième siècle avant Jésus-Christ. Les chercheurs ont pu constater que ces vêtements étaient ornés de motifs identiques, qu’ils étaient de même style, et qu’ils avaient certainement été confectionnés à partir de métiers à tisser de même type. Encore une fois, les vêtements sont si bien préservés que leurs couleurs sont encore vives et que l’on distingue parfaitement les motifs entremêlés dont ils sont ornés. Ce peuple caucasien de l’âge du Bronze savait donc confectionner des vêtements très colorés. La façon dont sont vêtues les momies semble même indiquer qu’il était important à leur époque de se vêtir avec soin, de porter des vêtements bien coupés aux couleurs éclatantes. Il faudra sans doute attendre que plus de corps soient étudiés et testés génétiquement pour en apprendre plus sur l’origine et le mode de vie de ce peuple mystérieux.

    Un nouveau bâtiment a récemment été inauguré. C’est un bel édifice, doté d’une façade en verre aux tonalités bleues sur les côtés de laquelle sont disposées ce qui ressemble à des cages ou des huttes blanches. Sa construction a fait partie d’un projet de rénovation d’un coût de 13 millions de dollars, au cours duquel 10 nouvelles salles ont été aménagées. Il arrive parfois que le musée ferme de manière inattendue. D’autre part, certaines pièces participent parfois à des expositions à l’étranger, notamment les trois ou quatre momies du musée, qui attirent toujours beaucoup de monde, où qu’elles soient présentées dans le monde, et dont les médias ne manquent jamais alors de parler abondamment. Il se peut donc que vous ne puissiez pas les voir le jour où vous visiterez le musée.

    Intérêt touristique
    1. En apprendre plus sur l’histoire de la région
    2. Découvrir les momies et les objets trouvés dans leurs tombes

    Informations pratiques
    1. Adresse : 132 Xibei Lu, Urumqi, province du Xinjiang
    2. Comment s’y rendre en bus ? Prendre le bus n° 7 au carrefour de Hongshan et descendre quelques arrêts plus loin à l’arrêt du musée.
    3. Horaires d’ouverture : de 10h à 18 ou 19h. Les horaires varient selon les jours et la saison. Le musée ferme parfois de manière imprévisible. Les momies et d’autres pièces du musée participent parfois à des expositions itinérantes.

    À voir dans les environs
    Il y a trois autres musées à Urumqi, deux musées historiques et culturels et un musée géologique. Le musée de la Route de la Soie au Xinjiang se trouve au 160, rue Shengli, à proximité du grand bazar, également connu sous le nom de bazar international. Il occupe les 3e et 4e étages d’un bâtiment. Ses collections sont principalement consacrées à l’histoire de la route de la Soie sous les dynasties Han et Tang et à la présentation de la culture de différents groupes ethniques vivant de nos jours dans le Xinjiang. L’autre musée historique se nomme le musée d’Urumqi . Il se trouve au 123, Nanhu Nanlu. De son côté, le musée géologique du Xinjiang se trouve rue Youhao. C’est l’un des plus grands musées géologiques de Chine. Si tout ce qui est rochers, fossiles, minéraux et autres cristaux vous intéresse, vous serez comblé. L’endroit compte quatre salles d’exposition. L’une d’elles est consacrée aux minéraux du Xinjiang (on peut notamment y admirer de très beaux cristaux), une autre à la science géologique tandis qu’on apprend dans une troisième de quelle façon les minéraux sont utilisés.

    Si une excursion dans les environs d’Urumqi vous tente, vous avez le choix entre plusieurs options. Pour mieux comprendre l’histoire de cette région désertique, prenez la direction de Turpan, principale ville ouïgoure de la province, à seulement trois heures de route, à proximité de laquelle se trouvent plusieurs sites historiques importants, y compris des sites liés à la civilisation tokharienne. Si vous préférez partir à la rencontre des minorités nationales vivant dans la région, vous pouvez vous rendre du côté du Nan Shan, dans les Pâturages méridionaux, pour y rencontrer les bergers kazakhs qui gardent là leurs troupeaux, ou aller saluer les Ouïgours de Turpan, qui vous montreront leur système d’irrigation traditionnel, les karez, un réseau de canaux souterrains, qui leur a permis de faire de leur ville et de ses environs une région agricole prospère.