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Xinjiang sous le règne des Tang
2011-06-09        source:  cri        auteur:  

L'exposition intitulée « Long fleuve de la sagesse » se tient actuellement dans le pavillon chinois dans le cadre de l'Expo 2010 de Shanghai. Comme son nom le laisse entendre, l'exposition est consacrée à l'histoire et aux objets anciens de grande valeur. D'ailleurs, deux d'entre eux ont tout particulièrement attiré notre attention.

Ces deux objets ont exhumés au Xinjiang et ont été classés au niveau national. L'un est la maquette d'un pavillon en bois et l'autre, une figurine d'un joueur de polo. Tous deux datent de la dynastie des Tang, dynastie qui régna sur la Chine, il y a de cela plus d'un millénaire.

L'une des caractéristiques remarquables de la maquette est que cette dernière représente non seulement un bâtiment dont l'architecture est d'une ressemblance extraordinaire avec celle du Pavillon chinois de l'Expo, mais est aussi un exemple particulièrement représentatif des techniques de construction de la Chine antique. Quant à la figurine du joueur de polo, sport signe de prospérité d'une ville dans l'antiquité, elle illustre bien le thème de l'Expo 2010, « Meilleure ville, meilleure vie ». Notamment parce qu'elle reproduit une scène de la vie urbaine de l'époque.

Pourquoi cette maquette d'apparence simple a-t-elle été choisi pour être exposée à l'Expo ? La réponse nous sera donnée par Wang Bo, chercheur au Musée de la Région autonome ouïghour du Xinjiang. Selon lui, au premier abord, le pavillon en bois a l'air ordinaire, mais en réalité, sa construction a fait appel à la technique Dougong斗拱, à la base même de l'architecture antique chinoise.

En effet, le Dougong est une sorte de système de consoles insérées entre le haut d'une colonne et une traverse. Technique qui permettait de rendre les bâtiments plus solides, plus résistants.

Si l'on dit que l'école grecque représente le langage de l'architecture occidentale, le Dougong représente quant à lui, celui de l'architecture chinoise. Autrement dit, le Dougong est le fleuron dans lequel réside tout esprit de l'architecture chinoise. Ecoutons Wang Bo s'exprimer au micro de RCI: " La maquette du pavillon en bois est un objet funéraire. Au moment de son exhumation, elle était dépourvue de toit. Elle n'était composée que de quatre colonnes et d'une poutre qui en plus étaient démontées. Ce n'est que plus tard que l'ensemble fut à nouveau rassemblé. La maquette est une structure architecturale en bois dans le style du centre du pays, datant de la dynastie des Tang".

La maquette du pavillon en bois exposée à l'occasion de l'Expo 2010 a été exhumée du tombeau N°501 de la nécropole d'Astana au Xinjiang. La maquette est haute d'une vingtaine de centimètres et peinte en ocre. Elle est composée de poutre, de colonnes et de Dougong. A son centre, elle est soutenue par huit cylindres reposant sur un support carré. Une architecture témoin du rayonnement et de la gloire des Tang. Elle est en plus d'une ressemblance frappante avec le Pavillon chinois construit dans le parc d'Expo 2010, en terme d'architecture.

Le pavillon chinois de l'Expo n'est pas doté d'une architecture ordinaire. En forme de pyramide inversée, le bâtiment est très impressionnant. Ce dernier est soutenu à sa base par quatre immenses colonnes faites de béton armé. Chaque côté encastré entre deux colonnes mesure 70 mètres de long.

Ce sont ces quatre colonnes qui supportent le Dougong carré, dont les côtés à son sommet mesurent respectivement 140 mètres chacun. Ce qui veut dire que le toit est deux fois plus large que la base. Avec une superficie de 19 600 m ², il est aussi vaste que deux terrains de football et demi.

Surprenante est bien le terme pour qualifier cette comparaison entre deux œuvres possédant une même architecture mais dont l'une est enterrée sous terre depuis plus d'un millénaire et l'autre, trône au beau milieu du parc de l'Expo universelle de Shanghai. Toutes deux représentent la pérennisation du savoir-faire architectural chinois. Toute de suite le témoignage de Hou Shixin候世新, conservatrice au musée de la Région autonome ouïghour du Xinjiang : « Il existe une ressemblance extraordinaire entre la maquette des Tang et le Pavillon chinois. Aux pieds de la maquette sont peints des nuages de bon augure. Nous avons été très impressionné par ces motifs décoratifs qui montrent que la culture des Han, du centre du pays, s'est diffusée jusqu'au Xinjiang il y a de cela plus d'un millénaire. Elle y a été non seulement acceptée mais aussi adoptée par la population locale. »

Comme d'autres ornements décoratifs, le Dougong est à l'origine pensé pour répondre à un besoin réel de construction. De ce fait, il est un type d'élément intermédiaire entre une colonne et une poutre. Son ajout a pour objectif d'étendre la zone de contact entre les deux éléments, répartissant ainsi la force exercée sur elles afin de soutenir les toitures, souvent lourdes et surchargées.

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